Le marché de l’hébergement, une niche particulière

Lu au détour d’un forum :

The Web Hosting industry is an interesting little niche, where the barrier to entry is both too high and too low.

Je crois que tout est dit dans cette phrase dont la traduction française pourrait être :

L’industrie de l’hébergement de site Internet est une une petite niche intéressante ou le ticket d’entrée est à la fois trop accessible et trop inaccessible !

On pourrait nuancer cette remarque en épiloguant sur les différents formes d’hébergement, mutualisé, dédié, dédié virtuel mais également sur les différents “niveaux” d’opérateurs : du simple co-locataire dans une baie d’un autre hébergeur jusqu’à l’opérateur télécom qui souhaite gérer intégralement l’hébergement physique et la connectivité. Toutefois, le marché de l’hébergement a prouvé à maintes reprises que cette phrase a encore tout son sens.

N’avez vous jamais croisé un hébergeur qui n’est en fait qu’un locataire d’un serveur dédié virtuel chez X avec un panneau de contrôle Y et un outil de facturation Z ? De ce point de vue, la barrière d’entrée dans le monde de l’hébergement est bien trop basse et elle est néfaste à l’ensemble des fournisseurs de service sérieux qui pâtissent d’une mauvaise image ainsi qu’aux clients qui ne savent plus à qui confier leur site Internet.

D’un autre côté, le “ticket d’entrée” dans le monde très “select” des hébergeurs sérieux et fiables atteint rapidement une somme astronomique. Prenons l’exemple d’un hébergeur ambitieux qui souhaite se lancer avec ses propres machines qu’il hébergerait en co-location. Avant de pouvoir se lancer dans les affaires il aura besoin d’au minimum : 2 switchs (pour la redondance), 8 serveurs ou plus (redondance de chaque service : mail, http, dns, base de données), 2 serveurs de stockage (redondance), 1 serveur de sauvegarde (sécurité). En admettant qu’il “virtualise” ses serveurs afin d’optimiser l’utilisation de ses ressources, il aura tout de même besoin au minimum de 2 ou 3 serveurs physiques au lieu de 8. Sans entrer dans les détails, le matériel s’élève déjà à plusieurs dizaines milliers d’euros. Et a ce prix, notre nouveau venu dans le monde de l’hébergement n’a pas financé les outils (panneau de contrôle…), son personnel, ses frais fixes de co-location (rapidement plusieurs centaines d’euros) …

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